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Santé mentale : l’ironie du sport
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La prise de conscience de la dépression (et plus globalement de la santé mentale) fait son chemin – difficilement – dans la société, mais elle reste un tabou dans le domaine du sport.
Dans l’absolu, c’est assez simple à comprendre. Le sport est l’univers de la performance, tout du moins, c’est en grande partie sous cet angle-là qu’il est raconté. Il est question de victoire, de travail, de sacrifice, on nous accable avec des poncifs sur « la gagne », les « winners » dont il faudrait admettre qu’ils sont la phase ultime de la civilisation.
Une équipe qui l’emporte et fait se lever un stade, nous sommes d’accord, c’est fabuleux. Un athlète qui va au-delà de ce qu’on attendait et qui inspire les autres, c’est remarquable, mais comme le dit Valérie Kondos Field, élue coach du siècle : « La victoire n’est pas tout ». Elle connaît le prix des excès en gymnastique.
Nous croyons toujours en cette idée, formulée il y a quelques années, que le sport et société se contredisent. Quand celle-ci demande toujours plus d’égalité, le mot sélection devenant un épouvantail dans le milieu éducatif, quand les sociétés occidentales attendent toujours plus d’accompagnement, le sport est construit sur une implacable logique élitiste. Il n’en restera qu’un, le vainqueur.
Les institutions du sport moderne ont fait de la compétition et du haut niveau leur première raison d’être, leur principal récit, l’objectif autour duquel les pratiques sont structurées dès la base, enfin, la vitrine et le « produit » pour la partie médiatisée.
La compétition existe et elle a des vertus, mais profitons de ce film « Aussi fort que fragile » pour expliquer, alors que le niveau d’exigence, accompagnant l’explosion des enjeux financiers, ne cesse de s’accroître, que tout ceci produit aussi des dommages collatéraux que personne ne souhaite mettre en avant. Pourtant, les exemples se multiplient dans tous les sports.
L’ironie du sort est que le sport est l’un des remèdes à la dépression. Que conclure ? Que le discours du sport doit changer, qu’il doit apprendre la nuance entre force et fragilité, que le haut niveau est une forme d’excès. Certes, à quelques mois des J.O, il faudrait du courage, mais la crédibilité du sport-santé est aussi à ce prix.
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