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Le sport nomade. Nouveau rapport au monde, nouvel usage du sport

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Coup sur coup, deux films sont venus alimenter une réflexion que mène l’agence depuis un moment. Nous travaillons souvent au long cours, sur des thèmes de fond, liés aux évolutions des pratiques sportives ; entretiens informels, échange plus précis, veille ciblée, nous collectons ce qui va dans le sens de nos intuitions, ce qui peut les contredire également. Transversalement, parce c’est dans l’ADN de Codezero et en rapport avec la réalité sportive d’aujourd’hui. Ce que nous apprenons quand nous travaillons sur des problématiques liées au ski peut s’avérer utile dans d’autres domaines. De plus, aujourd’hui de nombreux passionnés ont plusieurs identités sportives, pratiques différentes disciplines. Leur perception est donc élargie, différente, il faut en tenir compte. Nous en tirons des conclusions, nous élaborons des scénarios.

La notion de freeride est constitutive de l’évolution des pratiques sportives à partir du milieu des années 70. Elle a eu un impact colossal. Pour résumer, elle englobe la pratique « pour le plaisir » quand le sport traditionnel ne concevait que deux temps : l’entraînement et la compétition. Le freeride, c’est le retour au jeu, c’est aussi un virage vers l’engagement pour ceux qui l’envisagent comme une pratique « totale ». Les deux ne sont pas incompatibles.

  • Commençons par le fabuleux film « Twenty, an accidental history of freeriding », de Guido Perrini. Il dure quarante-sept minutes, nous vous invitons à vous y consacrer entièrement, mais beaucoup de choses essentielles sont dites dans le premier quart d’heure. Nous sommes là dans la partie extrême du freeride, c’est pourquoi nous intégrons le making of du film Quattro 2 avec Candide Thovex que vous pouvez voir en bas de cette analyse. Ce qui est commun aux deux films, n’y voyez pas que le haut niveau est le voyage, la découverte (de l’ailleurs et de soi), l’exploit personnel certes, mais aussi, un certain rapport au monde fait d’admiration, de respect et de recherche de cette résonance dont parle Hartmut Rosa. À l’heure où la protection de la planète devient l’enjeu qu’il aurait toujours dû être, c’est précieux. Les pratiquants ayant une affinité plus forte pour le sujet même si tout n’est pas parfait. Les alpinistes ont montré à l’Everest par exemple, qu’ils pouvaient eux aussi laisser des déchets.
  • Un making of a souvent un goût particulier. Rares sont ces exercices de décalage et de transparence à dépasser le film dont ils sont issus. Celui de Quattro 2, le bien nommé « Ski the world »  est à notre humble avis, porteur de sens (même s’il est produit et porté par une marque d’autos) et d’émotion, autant, peut-être davantage, que le film qu’il raconte et qui a vocation à sidérer autant qu’à émerveiller. Ce making off, moins épuré, plus naturel, moins distant finalement, dépasse ce stade. Il est porteur de différence, d’humour, d’humanité, raisons pour lesquelles il est touchant.

Candide ski donc le monde, il replace la pente – la forme du monde – au premier plan. Ici, on a le temps finalement de constater l’absence de neige et  de remettre en perspective l’éventualité de sa raréfaction dans nos esprits. Candide voyage, fait le tour du globe, en appelle à ses dimensions aventureuses, indécises, intimement liées au rythme de la planète, à sa diversité, à son énergie, aux mouvements auxquels il nous invite, caractéristiques de ce changement fondamental de paradigme qu’à connu le sport à la fin des années 70 dont nous parlions en introduction. La glisse, l’outdoor, les sports « libres ». Ce n’est pas une course, ce n’est pas un entraînement, il n’y a pas d’autres enjeux que la découverte, le geste, la sensation, la présence au monde. Ce n’est pas nouveau, le discours est connu, des gens comme Alain Loret, Jean Corneloup, plus récemment Ludovic Falaix en ont magnifique décortiqué la substance et les mécanismes avec l’idée d’un troisième temps du sport, transmoderne.

Avant eux, Michel Maffesoli avait expliqué les tribus et les communautés émotionnelles. Il en va ainsi pour le ski, les nouvelles tendances du VTT, le surf, le kitesurf, la grimpe, toutes ces mouvances qui se rapprochent et sont soumises aux lois de la nature pour mieux s’en rapprocher, se confronter à ses forces ou à sa « texture ». Et mieux oublier les lignes et les règles des hommes. Les lieux « assignés » au sport tout autant. Avant, le sport choisissait vos déplacements. Au gré des compétitions. Aujourd’hui, on emporte son sport avec soi, il fait partie intégrante de la vie.  D’où le désarroi des institutions qui voient leurs sacro-saints équipements sportifs délaissés sans vraiment comprendre pourquoi et en pensant que le digital va ramener tout le monde dans le droit chemin.

On peut aussi noter, mais ce sera l’objet d’une autre sujet que le ski extrême, pour en revenir à Twenty, a finalement bouleversé l’alpinisme, d’une manière générale, la « pratique » de la montagne, au moins son imaginaire. Là ou finalement l’objet était de monter, d’accéder au sommet, il est aujourd’hui question de la descendre. La philosophie s’est inversée, la vitesse s’est invitée.

L’outdoor et la « glisse » sont porteurs d’une autre conception du sport. Il est encore utile de le souligner plus de quarante ans après leur apparition, alors que la sphère institutionnelle cherche encore à « rénover » le sport et fait de 2024 un horizon indépassable, porteur de toutes les attentes, de toutes les espérances. Nous prenons le risque de nous répéter sur ce point, mais l’olympisme, régulièrement promu comme horizon indépassable du sport nous paraît une obsession dangereuse. C’est ne voir le sport que d’un oeil. Le sport a déjà beaucoup changé et continue de se métamorphoser. Le « sport » c’est aussi toutes ces « activités » récréatives qui en reviennent au jeu dans son sens le plus simple. La sphère marchande y est aussi moins présente, ou différemment, moins envahissante.

« La place que l’on occupe dans la société conditionne le type de rapport que l’on entretient avec son corps et détermine grandement les usages, notamment sportifs, que l’on en fait ». La phrase est de Christian Pociello auteur d’un travail sur l’espace des sports, recherche approfondie qui fait encore référence, sur les choix des pratiques sportives en fonction des catégories sociales. Il y a toujours une relation directe entre le capital économique, le capital culturel également et les inclinaisons sportives, et les sports libres et assimilés n’y échappent pas. Le propos n’est pas là. Ce qui change, c’est effectivement quelque chose qui nous semble essentiel. Le sport n’est plus uniquement lié au social et à la communauté, mais participe d’un rapport au monde plus individuel par nature. Une partie tout du moins, mais elle est assez significative. Même la course à pied est concernée. Hier elle se limitait aux pistes des stades, elle s’est invitée dans les villes, puis sur la terre des montagnes, dans les déserts également. Il faudrait réinventer le stade pour ré-activer le plaisir de la piste. C’est possible, c’est même le moment, nous y croyons.

Demain, l’enjeu sera aussi la proximité. Le voyage proche, la redécouverte de son environnement immédiat. Parce que pour protéger le monde, il faudra sans doute moins voyager. Autre temps, autre société, autre espace du sport…

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